Comment les Européens ont préparé le sommet de Cancún

Par notre envoyé spécial à Mexico

Après l’échec du COP-15 qui s’est pourtant tenu en terre européenne, la délégation de l’UE au Mexique et la présidence belge ont préparé de concert le prochain Sommet de Cancún. Les européens sont parvenus à une feuille de route commune précise qu’ils vont pousser au maximum. Mais ce COP-16 de Cancún a un petit goût de Sommet de la dernière chance car si les négociations se font sans que la voix européenne soit écoutée, l’UE pourrait bien reconsidérer sa participation au Forum des Nations Unies.


De quoi parle-t-on ?

- Délégations de l’UE : L’Union Européenne gère un réseau de quelques 130 Délégations (de Kaboul à Tegucigalpa en passant par Washington et Kuala Lumpur) dans le monde, qui sont des missions diplomatiques à part entière au sens de la Convention de Vienne sur les Relations diplomatiques. La convention de Vienne sur les relations diplomatiques est un traité international réglant les rapports diplomatiques entre pays, et l’immunité du personnel diplomatique. Elle a été adoptée le 18 avril 1961 à Vienne en Autriche, et est entrée en vigueur le 24 avril 1964. Elle a été complétée en 1963 par la convention de Vienne sur les relations consulaires. Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l’UE s’est dotée une personnalité juridique unique, qui sur la scène internationale lui permet désormais d’avoir une seule et même voix et dote les Délégations de nouvelles responsabilités.

- COP : Conference of Parties ou Conférence des Parties. Comprenez par là les parties prenantes qui participent à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Aujourd’hui cela représente 193 pays + l’Union européenne. Le texte de la Convention a été adopté au siège des Nations Unies, à New York le 9 mai 1992. Il a été ouvert à la signature à Rio de Janeiro du 4 au 14 juin 1992 et par la suite au siège des Nations Unies, à New York du 20 juin 1992 au 19 juin 1993. A cette date, la Convention avait reçu 166 signatures. La Convention est entrée en vigueur le 21 mars 1994. Les Etats qui n’auraient pas signé la Convention peuvent y accéder à tout moment.

- La Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques met en place un cadre global de l’effort intergouvernemental pour faire face au défi posé par les changements climatiques. Elle reconnaît que le système climatique est une ressource partagée dont la stabilité peut être affectée par les émissions industrielles de CO2 ainsi que les autres gaz à effet de serre. Selon la Convention, les gouvernements : rassemblent et diffusent les informations sur les gaz à effet de serre, sur les différentes politiques nationales et sur les meilleures mises en pratiques ; mettent en œuvre les stratégies nationales pour faire face aux émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux impacts prévus, y compris la mise à disposition de soutien financier et technologique aux pays en voie de développement ; coopèrent pour se préparer à l’adaptation aux impacts des changements climatiques. Voir en ligne

- Le Plan d’action de Bali : En décembre 2007, à Bali (Indonésie), ont eu lieu la troisième réunion de suivi, ainsi que le XIIIe sommet sur le climat (COP 13) axé sur des questions liées à l’intensification des mesures après 2012. Un accord sur un processus de deux ans avait été trouvé et avait pour objectif de mettre en place pour la XVe conférence sur le changement climatique (appelée également XVe sommet sur le climat, ou COP 15), qui s’est tenu en décembre 2009 à Copenhague (Danemark), un processus de négociation du régime de lutte contre changement climatique post-2012. Voir en ligne

- Protocole de Kyōto : Le protocole de Kyōto est un traité international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques dont les pays participants se rencontrent une fois par an depuis 1995. Signé le 11 décembre 1997 lors de la 3e conférence annuelle de la Convention (COP 3) à Kyōto, au Japon, il est entré en vigueur le 16 février 2005 et en 2010 a été ratifié par 183 pays, les Etats-Unis n’en faisant pas partie. Voir en ligne

- Copenhague Green Fund (ou accord de Copenhague) : La dernière Conférence des Parties, la Conférence de Copenhague (COP15), qui devait déboucher sur un accord global, n’a pas permis de dégager de consensus fort sur le régime climatique post-2012. Afin de dénouer l’impasse, la CP a « pris note » de l’Accord de Copenhague, négocié à huis clos par un petit groupe d’Etats, entre les Etats-Unis et les pays BASIC (Chine, Inde, Afrique du Sud et Brésil). Aujourd’hui, les pourparlers entre les Etats portent essentiellement à savoir si le prochain régime climatique doit s’inscrire dans le cadre de l’Accord de Copenhague ou du Protocole de Kyoto. L’Accord de Copenhague n’est pas juridiquement contraignant et n’oblige pas les pays signataires à s’engager à se pencher sur la question d’un successeur au protocole de Kyoto, dont la phase actuelle se termine en 2012. Voir en ligne

- Programme REDD : il s’agit du programme des Nations Unies de ralentissement du changement climatique en luttant contre la déforestation et la dégradation des Forêts. Il a été lance en septembre 2008 pour assister les pays en développement dans la préparation et la mise en place des programmes nationaux REDD+. L’ONU veut en faire la fondation d’un système dans lequel les pays riches pourraient payer pour que les pays pauvres ralentissent le changement climatique en protégeant les forêts existantes et en en plantant de nouvelles. Et en les aidant à établir des systèmes de contrôle et d’évaluation de la superficie couverte par les forêts A ce jour, il y a 29 pays partenaires à travers l’Afrique, l’Asie-Pacifique et l’Amérique Latine, dont 12 reçoivent une aide pour leurs programmes nationaux (Bolivie, Cambodge, République Démocratique du Congo, Indonésie, Panama, Nouvelle Guinée, Paraguay, Les Philippines, Iles Salomon, Tanzanie, Vietnam et Zambie). Le programme dispose d’un budget de 51,4 million de US$ soit environ 39 million d’€. Voir en ligne

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Isaac Valero Ladron

Isaac Valero Ladron est conseiller de la délégation de l’UE au Mexique sur le changement climatique. Ancien élève du Collège de l’Europe, Isaac a plusieurs années d’expérience au sein de la Commission européenne où il a débuté dans les DGs Relex et Communication. Il y a deux ans, il a rejoint le Programme de la Commission Européenne de Jeunes experts en délégation qui l’a amené au Mexique. Il y est actuellement responsable de la centralisation des opérations de logistique et coordonne le groupe de travail sur l’environnement au sein de la délégation de l’UE à Mexico. Ce groupe réunit les conseillers environnements des 21 ambassades des États membres présents Mexique.

Quel a été le rôle de la délégation de l’UE au Mexique dans la coordination des Etats membres en vue de la réunion du COP-16 de Cancún ?

Le rôle de la délégation de l’UE au Mexique dans la préparation de Cancún a été particulièrement important en raison de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. La délégation européenne doit désormais assumer un rôle autrefois dévolu à la présidence tournante- ce qui signifie une charge de travail supplémentaire. Bien entendu, la véritable coordination des positions des Etats membres ne s’effectue pas au Mexique mais à Bruxelles au sein du Conseil des Ministres (Conseil ENVI). Par contre, il incombe à la délégation européenne au Mexique de coordonner les actions politiques et de communication des ambassades des Etats membres à Mexico. Il s’agit de veiller à ce que les positions prises par les Etats membres correspondent bel et bien à la position commune arrêtée à Bruxelles. Cette coordination est assurée par le groupe de travail sur le changement climatique qui rassemble les conseillers en matière d’environnement des ambassades des 21 Etats membres représentés au Mexique. Ce groupe a été créé sous la présidence suédoise en 2009 et a eu un rôle majeur en termes de coordination logistique et d’échange d’informations politiques au cours de cette année 2010. Il convient également de souligner qu’en dehors de ce forum de réunion, la délégation entretient des contacts quotidiens et réguliers avec les ambassades. Je tiens à préciser à l’aide d’un exemple le fonctionnement concret de cette coopération. En matière de préparation logistique pour la COP-16, nous avons subi quelques contrariétés initiales en raison des prix exigés par l’entreprise désignée par le gouvernement en tant que fournisseur unique de la logistique durant la COP à Cancún. En raison de sa situation de monopole, plusieurs prix pratiqués par cette entreprise étaient déliés de la valeur de marché des services prestés. Cela a entraîné des frustrations auprès de plusieurs Etats membres. Mais, grâce à l’action conjointe des 21 ambassades européennes et de la délégation de l’UE, nous avons récemment obtenu une réduction significative des prix jugés abusifs. En travaillant de concert, nous avons pu résoudre un problème que les Etats membres auraient eu du mal à affronter isolément. A mon sens, cela démontre la nécessité pour nous, Européens, de travailler ensemble dans nos actions en dehors de l’UE.

Comment les tâches ont-elles été réparties entre la présidence belge et la Commission européenne ?

Fort heureusement, je ne peux que me féliciter de la bonne coopération entre l’ambassade de Belgique au Mexique et la délégation de l’UE. Au sein de l’ambassade de Belgique, il y a eu dès le départ une parfaite compréhension de la nouvelle répartition des tâches post-Lisbonne. Les fonctions de la délégation européenne leur apparaissaient clairement définies. Nous n’avons donc pas eu le moindre différend que ce soit sur la façon de procéder. Au contraire, nous avons travaillé très efficacement sur toutes les questions politiques et de logistique. Nous avons également échangé beaucoup d’informations en matière de communication avec la presse. Fondamentalement, la distribution des rôles est simple : la délégation de l’UE prend le lead et l’ambassade de la Présidence tournante, en l’occurrence la Belgique, joue un rôle d’appui en prenant en charge les questions pour lesquelles nous requérons leur aide. Par exemple, durant la première semaine du mois d’août, mon homologue au sein de l’ambassade de Belgique et moi sommes allés à Cancún pour superviser la gestion de la logistique de la COP-16. Depuis lors, nous avons été en contact permanent afin d’organiser des réunions ou de communiquer sur Cancún. Concrètement, l’ambassade de Belgique et la délégation ont récemment écrit une lettre conjointe à l’entreprise chargée de la logistique à Cancún afin de demander une réduction des prix des services au cours de la Conférence des Parties. Cette lettre a reçu le soutien des autres Etats membres et a permis de débloquer la situation comme je le mentionnais précédemment. Le travail et les relations au jour le jour sont ce qui compte vraiment ; et sur ces points je ne peux que me féliciter de nos bonnes relations.

Quel a été l’effet du traité de Lisbonne sur le rôle des délégations européennes à l’étranger ? Avez-vous ressenti un surcroît de travail ?

Oui, bien sûr nous en avons ressenti l’effet. Nous avons eu à assumer une charge de travail accrue. Nous avons évidemment assumé notre responsabilité comme il se doit. Une grande partie de cette responsabilité porte sur la bonne coordination des actions des Etats membres. Cela implique non seulement un important travail de préparation des réunions, mais un suivi par le biais de la voie politique après chaque réunion de groupe.

Je peux illustrer cela par un exemple. Dans le domaine des droits de l’homme, pas moins de cinq ou six groupes d’Etats membres se sont constitués afin de suivre de près le respect des droits de l’homme dans diverses régions du Mexique. Tout ce travail doit se coordonner et c’est à la délégation qu’il revient d’organiser de telles coordinations. Comment avons nous réussi à assurer cette charge de travail supplémentaire ? Tout d’abord, en travaillant plus d’heures, ensuite en embauchant davantage de personnel et enfin en augmentant marginalement le budget du poste.

Etant donné que le premier budget post-Lisbonne n’a toujours pas été approuvé, il a été fait appel aux marges budgétaires non utilisées. Différentes lignes budgétaires ont également été réajustées et réallouées envers les délégations considérées comme d’importance stratégique pour l’Union européenne. Sur ce continent, il s’agit notamment des délégations du Brésil, des Etats-Unis, de l’Argentine ou encore du Chili. Mais je ne pense pas que ces augmentations soient réellement suffisantes pour faire face aux nouveaux besoins des délégations de l’UE et je prévois que la question d’une augmentation de l’enveloppe budgétaire en faveur des délégations fassent partie des débats budgétaires.

Comment peut-on qualifier les rapports entre l’UE et l’amphitryon mexicain ?

La collaboration avec nos hôtes mexicains a été excellente au niveau politique, mais au niveau logistique elle aurait pu être plus chaleureuse.

Outre la coordination logistique de Cancún quelles autres actions ont été menées par la délégation européenne au Mexique en matière de changement climatique ?

La délégation a surtout été active en matière de communication. Par exemple, le 23 novembre nous avons organisé une conférence de presse avec une quinzaine de journalistes mexicains. Il s’agit de la troisième conférence de presse de ce genre que nous organisons. En réalité, bien plus qu’une simple conférence de presse il s’agit de réunions nous permettant d’échanger des informations sur la COP et qui sont mutuellement enrichissante. Logiquement, pour que nous puissions, en tant que délégation exprimer la position de l’UE, il faut que les ambassades nous communique l’information et nous suggère de rencontrer certains journalistes.

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Carrera "México-Unión Europea Corriendo por el Planeta

Afin de célébrer les 50 ans de relation diplomatiques entre l’UE et le Mexique, une course neutre en carbone a été organisée le 6 novembre dernier.

(c) site de l’ambassade de Grande-Bretagne au Mexique

Nous avons également organisé un événement sportif consistant en une course neutre en carbone dont les émissions ont été compensées par l’achat de crédits carbone. Pas moins de 900 personnes ont participé à cette course.

Par ailleurs, nous avons également organisé plusieurs déjeuners de travail avec les rédacteurs en chef de grands médias afin de les sensibiliser à la problématique du changement climatique. Pour ces déjeuners de travail, nous avons pu compter sur la présence et le soutien du président de l’Institut d’écologie. Je tiens à préciser que nous n’invitons pas à tout va. Nous ne faisons pas d’appel général à l’ensemble des journalistes, mais préférons organiser des rencontres informelles avec des groupes de journalistes ayant démontré un intérêt pour ce genre de thématique. Lors du premier déjeuner de travail nous avons convoqué les médias européens travaillant au Mexique, lors du deuxième déjeuner ce fut au tour des journalistes mexicains et dernièrement nous avons eu une rencontre avec les médias de langue espagnole.

Nous organisons également plusieurs rencontres de haut niveau. Ainsi, le 24 Novembre nous avons eu une réunion au niveau des ambassadeurs européens avec Luis Alfonso de Alba, ambassadeur du Mexique pour le changement climatique.

Enfin, nous avons tenu à sensibiliser la société civile. C’est dans cette optique que nous avons organisé des conférences avec l’industrie et avec les universités. A l’attention des étudiants mexicains, nous avons organisé un jeu de simulation d’un processus de décision au sein de l’UE. Nous avons pu compter sur la participation de 11 universités à travers le pays. Ce jeu de simulation était axé sur la coordination des positions des Etats membres en matière de changement climatique. Et puis n’oublions pas la rédaction de plusieurs rapports politiques.

Quels ont été les leçons de l’échec à Copenhague l’année dernière ?

Tout d’abord, je ne pense vraiment pas que Copenhague ait été un échec. Je pense que le problème fondamental qui s’est posé à Copenhague est que les attentes envers ce sommet n’ont pas été satisfaites. Le Plan d’action de Bali fixait clairement comme objectif pour la COP15 de Copenhague la conclusion d’un accord international assorti d’objectifs contraignants afin de remplacer le Protocole de Kyoto post-2012.

Comme nous le savons, Copenhague n’a pas conduit à un accord à vocation obligatoire, mais la COP15 a néanmoins permis d’aboutir à un accord politique minimal connu comme l’accord de Copenhague. Cet accord tout minimal qu’il soit ne nous a pas moins permis d’arriver là où nous sommes maintenant. L’accord de Copenhague nous a donné un cadre d’action. Si nous n’avions pas pu établir ce qui était politiquement acceptable lors du sommet de Copenhague, nous ne pourrions aborder actuellement les aspects techniques de Cancún. Le processus s’est enrichi et complexifié. D’énormes progrès ont ainsi été faits en matière de financement de l’adaptation et de la mitigation.

A Copenhague, la question de qui payait pour qui et pour quoi faire était à peine esquissée. Alors qu’à l’heure actuelle, deux types de financement ont été clairement identifiés : un financement « fast track » et un financement à long terme (post-2012). En ce qui concerne le fast track il existe un consensus général et également au sein de l’UE, mais en ce qui concerne le financement de long terme il faut encore trouver un accord (comment financer ce fonds ? Quels seront les montants et les quotes-parts ? Qui aura accès à ce fonds ?). Pour toute une série de questions, Copenhague aura été une étape cruciale dans ce processus de définition des modalités pratiques. En ce qui concerne les modalités de financement de long terme, l’UE favorise l’emploi des revenus générés par les marchés du carbone au niveau mondial. L’UE estime également que le secteur privé doit assumer une certaine part responsabilité pour ses émissions de gaz à effet de serre et donc être mis à contribution.

Nous savons dès à présent que l’on ne parviendra pas à un accord contraignant en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre lors du Sommet de Cancún. Que peut-on en attendre ? Quelles sont les questions sur lesquelles des progrès peuvent être attendus ?

L’UE espère que Cancún permettra de réaliser des progrès sur 6 aspects en particulier :

1) Le financement : nous avons besoin d’une vision plus claire de l’architecture du Copenhague Green Fund. Je tiens, en passant, à rappeler que l’initiative mexicaine pour la création d’un Fondo Verde présentée lors du COP15 a été insérée dans ce Copenhague Green Fund.

2) Lutte contre le déboisement : le programme REDD a été créé par le plan d’action de Bali, en principe. Le plan d’action de Bali prévoit notamment d’y ajouter une dimension politique. A Cancún on prévoit la conclusion d’un accord politique sur REDD.

3) Mitigation : des progrès sont nécessaires en termes d’atténuation des effets du changement climatique tant pour les pays développés que pour les pays en développement. Il est nécessaire d’introduire des objectifs de mitigation précis dans les termes de l’accord à Copenhague.

4) Monitoring, Reporting et Vérification : Il est crucial d’avance en termes de MRV. Sans cela on ne peut pas créer de transparence dans l’ensemble du processus.

5) Le transfert de technologie : il est nécessaire d’aider les pays en développement à atteindre leurs objectifs en termes d’adaptation et d’atténuation et pour cela il est crucial pour ces pays d’avoir accès à des technologies moins polluantes. J’espère qu’à Cancún la décision sera prise de créer des centres régionaux de technologie et que le thème des transferts des technologies sera abordé par un panel international

6) L’adaptation : nous devons aider les pays en développement à faire face au changement climatique et à ses impacts sur la production. Par ailleurs, l’UE soutient l’adoption de mesures de réduction des émissions dans les secteurs des transports et de l’aviation. Une réforme des mécanismes de marché du carbone est également souhaitable. La question sur laquelle on est le plus proche d’un accord concerne le programme REDD. Les sujets les moins avancés sont le MRV et la mitigation. Or c’est précisément sur ces deux questions que l’UE veut aller de l’avant.

A mon sens, pour l’UE, le scénario le plus pessimiste de ce COP-16 de Cancún serait qu’à un moment donné dans les discussions des décisions de mise en œuvre politique de certains aspects soient prises à l’insu de l’UE. Cela forcerait l’UE à redéfinir sa stratégie de négociations au sein des fora internationaux.

L’UE a toujours été en faveur du multilatéralisme, et compte bien le rester, mais si aucun accord correspondant aux intérêts européens ne peut être trouvé, elle se verrait forcée de reconsidérer le forum des Nations Unies comme étant le plus adéquat pour traiter de ces questions.


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Vivien SIERENS

Vivien Sierens a effectué des études bilingues (français-néerlandais) en Sciences Politiques/Relations Internationales aux facultés universitaires Saint-Louis ainsi qu’à l’Université Libre de Bruxelles et la Vrije Universiteit Brussel. Il a ensuite (...)

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