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Comment les Européens s’informent sur l’Union Européenne

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L’Eurobaromètre du mois, en partenariat avec Délits d’opinion.


Alors qu’internet concurrence de plus en plus frontalement les autres médias, que les nouveaux modes de consommation de l’information posent la question de l’économie de l’attention (voire pour certains bouleversent la manière dont fonctionnent nos cerveaux), la vague de l’Eurobaromètre standard posée à l’automne 2010 permet de faire le point sur l’utilisation que font les Européens des différents médias et le rôle que jouent ces derniers en termes d’information sur l’Union.

L’étude a été conduite en face-à-face, auprès d’un échantillon de plus de près de 27 000 habitants choisis selon la méthode aléatoire et représentatif des populations des pays membres.

La TV n’est pas morte !

Comme nous l’avionsdéjà constaté, la télévision garde toute sa prévalence en Union Européenne : 97% des citoyens de l’Union la regardent au moins une fois par semaine (ce quels que soient l’âge et le niveau d’études), dont 85% tous les jours. La radio est elle aussi très écoutée (respectivement 79% et 56%), ces deux médias structurant donc largement l’utilisation quotidienne des Européens.

Internet n’est utilisé quotidiennement que par une minorité (45%, 63% pour l’usage hebdomadaire), mais sans surprise l’âge des répondants est ici une variable clé : les trois quarts (75%) des 15-24 ans utilisent internet tous les jours ou presque, pour 20% chez les plus de 55 ans.

La presse écrite bénéficie d’un usage moins intensif mais néanmoins répandu : si au quotidien elle n’est lue que par 38% des Européens, près des trois quarts (73%) la lisent au moins une fois par semaine.

Enfin la pratique des réseaux sociaux, elle aussi très liée à l’âge des répondants, reste encore minoritaire : 56% des Européens ne les utilisent jamais ou n’y ont pas accès, contre un tiers (33%) qui les utilisent au moins une fois par semaine dont 18% tous les jours.

Confiance majoritaire dans la radio et la télévision

Les deux mass media ainsi identifiés, la télévision et la radio, sont aussi les deux seuls à susciter une confiance majoritaire (respectivement 50% et 57% leur font plutôt confiance), tandis que la presse écrite suscite une défiance majoritaire (52% n’ont plutôt pas confiance en elle), de même qu’internet (majorité relative : 41% ne font pas confiance aux sites internet, contre 35%), au sujet duquel près d’un Européen sur quatre ne s’exprime pas (24%).

La télévision première source d’information

La télévision est le premier vecteur identifié d’information sur les affaires politiques européennes. Elle est citée comme première source d’information sur ce sujet par 61% des Européens, loin devant la presse (14%), internet (10%) ou la radio (7%).

Appelés ensuite à choisir un média dans l’hypothèse où ils devraient chercher des informations sur l’Union, ses politiques et ses institutions, - ce qui suppose donc une démarche volontaire de recherche d’information - les Européens se tournent là encore vers la télévision, seul média qui recueille une majorité absolue de citations (56%, en baisse de 7 points depuis 2007), devant les journaux (32%, -9 points sur la même période), internet (30%, +2) et la radio (21%, -5).

Une couverture médiatique de l’UE jugée plutôt suffisante et objective

Les Européens se disent généralement satisfaits de la quantité d’information qu’ils reçoivent par les différents médias.

La presse tient le haut du tableau : 53% des Européens jugent qu’elle parle suffisamment de l’Union Européenne, contre 23% qui pensent qu’elle en parle trop peu. La télévision suit de près (50% suffisamment), mais l’opinion européenne est plus clivée à son endroit : 35% pensent qu’elle en parle trop peu. Même phénomène pour la radio (43% contre 33% respectivement), tandis que “les sites internet” suscitent principalement... une absence de réponse (44% de sans opinion, 38% suffisamment et 14% trop peu).

Notons qu’à la faveur d’enjeux européens majeurs ces dernières années (élections européennes et crise économique et financière notamment) l’opinion des citoyens quant à la couverture de l’Union Européenne proposée par tous les médias s’est considérablement améliorée depuis 2007 (entre 8 et 11 points).

L’information délivrée par les médias est en outre considérée comme plutôt objective : 55% en ce qui concerne la télévision (contre 16% qui la trouvent trop positive et 12% trop négative), 53% pour la radio (contre respectivement 10% et 8%), 52% pour la presse (contre respectivement 11% et 12%), et 38% pour internet (6% trop positive et 6% trop négative, mais surtout 50% de sans opinion).

Reality check

Tout semblerait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes : les Européens, qui s’en remettent principalement à la télévision pour s’informer sur l’Union, font globalement confiance à ce média, qui les informe autant qu’ils le souhaitent et de manière objective.

Mais un indicateur permet de contredire cette approche optimiste : le niveau d’information sur les questions politiques européennes. En effet les Européens se disent eux-mêmes mal informés à ce sujet : 66% pour eux-mêmes (contre 32% qui se disent bien informés), et 73% pour leurs concitoyens nationaux.

Un sentiment d’information incomplète qui se vérifie lorsque l’on teste leurs connaissances : 42% se trompent au moins une fois à un quizz contenant trois questions simples sur l’UE (nombre de ses membres, non-appartenance de la Suisse, mode d’élection du Parlement).

Sans surprise, ceux qui se disent les mieux informés se retrouvent en haut de l’échelle sociale - en autopositionnement subjectif (46% pour 32% en moyenne), ayant arrêté leur études après 20 ans (43%), ils sont souvent cadres (48%) ou indépendants (40%). Bref, une cible qui a tendance à surconsommer l’information (sous toutes ses formes) et qui considère qu’on ne parle pas suffisamment de l’Union à la télévision (43% pour 35% en moyenne) et à la radio (41% pour 33% en moyenne).


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Pierre Jougla

Pierre Jougla, diplômé de l’IEP de Bordeaux et de l’Université de sciences politiques de Cardiff, travaille aujourd’hui au sein du département Politique d’un institut de sondage. Il a publié Les usages politiques d’Internet, in. L’Etat de l’opinion (...)

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Le Groupe des Belles Feuilles (GBF), rassemblement de jeunes professionnels intéressés par les questions européennes, lance « Vigie 2012 », une initiative innovante pour scruter la place de l’Europe dans la campagne présidentielle.

Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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