Vous êtes tête de liste de la majorité présidentielle dans la région Nord-Ouest pour les élections européennes du 7 juin prochain. Pourquoi voulez-vous devenir Député européen ?
Question 1
Dominique Riquet : A la fois parce que engagé en politique, je suis pro-européen, je défends l’idée de l’avancée de l’Europe, et puis parce que je crois qu’on est à un moment où l’Europe n’est plus un problème mais une solution à beaucoup de problèmes. C’est un moment très critique, au sens vrai du terme, pour s’engager. Je fais de la politique, j’ai des responsabilités locales. La chance de pouvoir m’engager sur ce combat européen me semblait être une très grande chance.
Quels seront vos thèmes de campagne ?
Question 2
Dominique Riquet : Le thème de campagne c’est l’Europe nous protège, ou doit nous protéger, et pour cela, il faut la faire changer parce que manifestement il y a quand même du mouvement à donner, des changements à faire. Elle nous protège. Elle assure notre sécurité extérieure. C’est un espace de paix, qui partage les mêmes valeurs. Il faut le renforcer. Elle doit défendre notre prospérité économique. Je pense que nous sommes nous partisans d’une économie de marché régulée. On a vu les folies du système. Je pense qu’entre une économie socialiste, c’est à dire l’appropriation des moyens de production, et le marché, l’histoire à tranché depuis longtemps. Mais le marché, dans sa folie, non. Donc, effectivement, il faut que nous progressions sur la régulation économique, sur la coordination économique. Et le troisième défi à relever, c’est le défi écologique. Peut-être que je ne le mets pas dans l’ordre. Peut-être que c’est le premier. C’est à dire que la menace qui pèse sur la planète ne peut se relever qu’à l’échelle continentale. Et l’Europe c’est la bonne échelle pour ça. Donc on a quand même du travail.

- Valérie Létard et Dominique Riquet
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Le Maire de Valenciennes (UMP) est un proche de Valérie Létard (NC), Secrétaire d’État à la Solidarité et Présidente de Valenciennes métropole. Successeur de Jean-Louis Borloo (Parti Radical), il connait depuis de nombreuses années le Ministre d’État en charge du développement durable.
Une fois élu, au sein de quelle commission parlementaire souhaiteriez-vous travailler, et pourquoi ?
Question 3
Dominique Riquet : Moi je souhaiterais travailler sur le transport. Voilà, vous avez un scoop. Le transport, pour beaucoup de raisons. Il faut savoir que le transport c’est le transport des hommes, des marchandises, des données et de l’énergie, encore que l’énergie vient d’être découplée très récemment. Je crois que c’est une commission très stratégique. C’est une commission où le Parlement légifère, c’est à dire qu’il a une autorité. Et puis je me rapporte à notre région. Je crois que ça a beaucoup d’importance. ça peut vous paraître paradoxal mais moi je suis un élu de terrain et je n’ai pas l’intention de ne pas être un élu européen de terrain. J’ai l’intention de revenir dans ma grande circonscription. Le transport chez nous c’est l’industrie automobile, l’industrie ferroviaire, le canal Seine Nord, le littoral avec les grands ports, c’est un énorme carrefour de l’Europe du Nord. On échange des hommes, des biens, des services, c’est la logistique. Je crois que c’est absolument capital pour notre développement. C’est très important au niveau de l’Europe. C’est très important au niveau de notre Euro-région. Je trouve que c’est un bon sujet.
Vous êtes Maire UMP de Valenciennes depuis le départ de Jean-Louis Borloo en 2002. Comment est perçue l’Union européenne dans le Valenciennois ?
Question 4
Dominique Riquet : Écoutez, vu ce qu’ils ont touché d’« aides », dans tous les sens du terme, en argent et en technique/ingénierie, on pourrait croire que les Valenciennois sont très pro-européens. Je crois que c’est probablement la ville de France continentale qui a été la plus aidée. Pour autant, les résultats du dernier référendum n’ont pas été si favorables. Je crois simplement que dans une région en crise, il y a toujours à la fois des craintes et puis une espèce de protestation. Le vote peut être un cri aussi. ça n’est pas obligatoirement la reconnaissance de ce que l’Europe a fait pour le Valenciennois. Je crois que les gens le savent, mais qu’en même temps, ils peuvent utiliser aussi leur bulletin de vote comme un moment de protestation. Mais contre l’Europe, c’est mal venu. Elle a énormément fait pour le sud du département du Nord et pour notre région d’ailleurs aussi en général.
A côté de la mairie de Valenciennes, vous êtes aussi membre du Conseil régional du Nord - Pas de Calais. Si vous êtes élu, comment pensez-vous faire pour concilier vos différentes activités ?
Question 5
Dominique Riquet : Comment je vais faire ? Pour l’instant, je suis chirurgien, j’exerce mon métier quasiment comme un chirurgien normal, je suis Maire de ma ville et je suis Conseiller régional. Je pense que la députation européenne est quand même un gros sujet donc j’arrêterai à la fois mon mandat au Conseil régional et puis mon métier. Ca va me dégager quand même une soixantaine d’heures par semaine.
Le groupe PPE-DE soutient le renouvellement de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Qu’en pensez-vous ? Êtes-vous enthousiaste ?
Question 6
Dominique Riquet : Alors je suis déjà surpris parce que théoriquement le Président de la Commission et la Commission doivent être investis par le Parlement. Mais le Parlement il n’est pas encore élu. J’entends des Parlementaires sortants prendre position sur une élection qui aura lieu après. C’est un truc que je n’ai pas vu dans les Parlements nationaux. C’est peut-être particulier à l’Europe. C’est la première chose que je voulais dire. Deuxièmement, Barroso, il a été élu au moins autant par le PSE que par le PPE, c’est à dire par la gauche que par la droite. Troisièmement, je trouve à titre personnel que ça n’a pas été un grand président de la Commission parce qu’effectivement on n’a pas l’impression qu’il ait une grande vision. Ensuite, si ce président là de la Commission européenne faisait l’affaire au moment où il a été désigné, la révolution complète qui est en train de se passer actuellement dans le monde et en Europe, fait que ça mériterait d’être ré-envisagé parce que je ne suis pas sûr que celui qui convenait il y a quatre ou cinq ans conviendra encore dans cinq ans. Donc, je me pose des questions, voilà.


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