Front belgo-luxembourgeois contre le pacte franco-allemand
Comme l’ont montré le pacte de Deauville ou la récente lettre de la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sur l’Egypte, l’affichage d’un accord en amont d’un Conseil européen semble de plus en plus braquer les autres Etats européens. Le pacte de compétitivité sensé permettre une « intégration économique plus forte » entre les pays de la zone euro n’a pas fait exception : il a été rejeté par le Conseil européen.
Parmi les points de convergence proposés par la Chancelière Angela Merkel, le pacte prévoyait de reculer l’âge de départ à la retraite partout en Europe à 67 ans, de ne plus réviser automatiquement les salaires en fonction de l’inflation, d’inscrire l’interdiction des déficits dans la constitution, ou encore d’harmoniser l’impôt sur les sociétés. C’est-à-dire demander l’impossible pour bien des pays européens. Et le Président du Conseil européen Herman Von Rompuy n’a pu que constater l’absence de consensus sur la question.

- fuente : Service audiovisuel de la Commission européenne
L’opposition la plus virulente est venue de la Belgique et du Luxembourg, où la révision annuelle des salaires est obligatoire. L’Espagne s’est également montrée très sceptique sur ce point. L’Autriche a pour sa part refusé que l’Union européenne décide de l’âge de la retraite de ses citoyens. Quant à la France, porter l’âge de la retraite à 67 ans signifierait des manifestations immenses...
Pourtant, le Président Sarkozy et la Chancelière Merkel restent déterminés à mettre en place et appliquer le pacte de compétitivité avant la fin de l’année. Ils espèrent faire avancer le dossier lors du prochain sommet informel du 4 mars prochain.
Au-delà des divergences nationales, si ce Conseil a pu confirmer une chose, c’est l’incohérence des Etats membres face a la crise : les pays de la zone euro veulent être plus compétitifs mais ne sont pas pressés d’adopter des critères de convergences. Il a aussi confirmé que l’Allemagne apparait comme le moteur de l’Europe : sa contribution aux mécanismes des solidarités ne s’est faite que sous condition d’adoption de son pacte de compétitivité. Mais l’intégration de la zone euro vers une coordination économique plus poussée suscite encore de nombreuses réticences...
Embarras des 27 sur la révolution égyptienne
Le Conseil a également été l’occasion pour l’Union européenne de lancer un message de soutien au peuple égyptien et une reconnaissance de son combat pour la démocratie. La déclaration des chefs d’Etat ou de gouvernement appelle bien sûr à la fin de la violence et demande le respect des aspirations démocratiques des Egyptiens.
Les 27 condamnent également les attaques contre les journalistes occidentaux et les défenseurs des droits de l’homme. Cependant, face à la révolution égyptienne, les 27 se limitent à demander une transition démocratique immédiate sans demander le départ de Hosni Moubarak. Cette situation s’explique simplement par le fait qu’il y a encore quelques semaines, les dirigeants européens qualifiaient le président égyptien d’« ami » ou selon les propos de M. Berlusconi « d’homme sage »... Parole d’expert !
L’embarras de certains chefs d’Etat ou de gouvernement pour condamner clairement le régime de Hosni Moubarak rabaisse la diplomatie européenne à de mesquines considérations personnelles totalement déplacées dans les circonstances actuelles.
Conclusion : le Conseil européen offre une nouvelle fois la preuve que l’Union européenne reste inaudible et confuse dans sa politique internationale.


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Fronda y revolución en el consejo europeo

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