C’est ce qu’a déclaré Geert Wilders, le sulfureux fondateur et leader du « Parti pour la Liberté » (PVV) néerlandais, au lendemain de son acquittement dans un procès pour incitation à la haine et à la discrimination envers les musulmans. Wilders, connu pour ses diatribes récurrentes envers la religion musulmane, faisait face à une procédure ouverte par le parquet d’Amsterdam en 2009 à la suite de multiples plaintes consécutives à ses comparaisons du Coran avec Mein Kampf, à ses appels à l’arrêt total de l’immigration en provenance de pays musulmans ou encore à son court-métrage « Fitna », diffusé en 2008, dans lequel il décrivait l’Islam comme une religion intrinsèquement violente. Dans son jugement du 23 juin, le juge Marcel van Oosten a cependant estimé que les déclarations de M. Wilders, bien que « blessantes et choquantes », pouvaient légitimement s’exprimer dans le cadre du débat public sur le multiculturalisme aux Pays-Bas. De leur côté, les adversaires de M. Wilders ont bien entendu regretté cette décision, estimant notamment qu’elle risquait de « décomplexer » encore plus la droite populiste néerlandaise et de contribuer à un pourrissement des relations interculturelles aux Pays-Bas. S’il est difficile de trancher entre ces deux principes que sont la liberté d’expression et la préservation d’une certaine harmonie sociale, il l’est peut-être moins d’anticiper les conséquences politiques que ce jugement aura : si M. Wilders est maintenant assuré de sa liberté de parole, il ne bénéficiera pas d’un statut de « martyr de la liberté d’expression » qu’une condamnation aurait pu lui conférer. De ce point de vue-là, la décision du tribunal est vraisemblablement une bonne nouvelle.


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