En juillet 2009, prise en pleine tempête financière, l’Islande présente officiellement sa candidature à l’Union Européenne. Le 17 juin 2010, le Conseil européen confirme l’ouverture des négociations d’adhésion. Le 7 juillet 2010, le Parlement européen adopte une résolution appelant à des négociations sans tarder.
Lucide, l’auteur de cette résolution, l’eurodéputé Cristian Dan Preda (PPE, Roumanie) précise que si l’adhésion serait bénéfique à l’Islande et à l’Union européenne, elle est loin de faire l’unanimité dans l’opinion publique islandaise. Dans sa résolution, il indique que « le soutien de l’opinion publique à l’adhésion à l’Union européenne, a connu, à la lumière de la crise politique et économique, une évolution négative depuis l’été 2009 » et qu’il convient d’organiser un débat public en Islande...
Une adhésion qui ne plaît plus
Plusieurs éléments convergent vers l’opposition à l’adhésion européenne :
l’impasse dans laquelle se trouve les négociations sur le remboursement des épargnants victimes de la banque IceSave, notamment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Dans sa résolution, l’Assemblée européenne estime que ces négociations (portant sur le remboursement de 300 000 épargnants britanniques et néerlandais victimes de la faillite de la banque Icesave) doivent être résolues bilatéralement.
la candidature de l’Islande a été un acte pris dans une situation de crise financière, économique et politique. Mal expliquée par le gouvernement, mal comprise par les partis, elle n’a jamais fait l’objet d’un enthousiasme débordant par la population.
Selon un sondage Gallup de mars 2010, en cas de référendum sur l’adhésion de leur pays à l’UE, 69 % des Islandais voteraient contre, 30 % pour. En novembre 2008, 60 % étaient pour et 40 % contre. De fait, la majorité des partis politiques islandais fait campagne pour que le gouvernement retire sa candidature.
Si tout va bien et si les 27 Etats membres s’accordent, les négociations d’adhésion pourraient être lancées fin 2010. Dans l’optique de l’adhésion, il faut toutefois s’attendre à des discussions difficiles sur le système judiciaire islandais (notamment la nomination des juges par le gouvernement), sur la politique de la pêche (et la chasse à la baleine) ou bien encore sur l’euro (qui, une fois la crise passée, n’est plus si attrayant pour les Islandais). Au Parlement européen, Jean-Luc Benhamias et Marielle De Sarnez (Modem, ALDE) annoncent fièrement que la résolution votée par le Parlement n’est pas un chèque en blanc mais permet de « mettre les points sur les « i » dès le début avec nos amis Islandais ».
Le problème : la technique de vente
L’Islande pourrait être un symbole de l’intégration européenne : contrairement à la Turquie, l’impact que son entrée pourrait avoir sur l’UE n’est pas crainte, mais amène de nombreuses questions. Mais vendre le projet européen sous une étiquette « Garantie anti-crise » et non sur un véritable projet politique, risque de détourner les peuples de « l’Europe » encore plus...


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Island in der EU : ja oder nein ?

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