Jean-Noël Jeanneney, éleménts biographiques
M. Jeanneney est un historien et homme politique français. M. Jeanneney a étudie à l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm et à Science Po Paris. Il est agrégé d’histoire et docteur ès-lettres. Il est un spécialiste reconnu de l’histoire des médias. Il a assuré différents fonctions ministèrielles dans les années 80 et 90 notamment celle de Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur (1991-92) et celle de Secrétaire d’Etat à la Communication (1992-93). Il a ensuite était Président de la Bibliothèque nationale de France (2002-2007). Il est co-Président de Europartenaires avec E. Guigou depuis 1998. Outre ces activités, M. Jeanneney anime également toutes les semaines une émission de radio sur France-Culture : « Concordances des temps ».
Monsieur Jeanneney animera lors des Etats généraux à Lyon le 21 juin prochain le café littéraire. Un simple regard rapide à son « CV » et deux minutes d’entretien avec le personnage vous éclaire sur les raisons de ce choix : références littéraires et historiques, discours clair et pédagogique, il n’y a pas de doute, cet homme politique est avant tout un homme de lettres.
Quand on aborde avec lui le thème de la citoyenneté européenne, c’est par l’histoire que M. Jeanneney répond à notre question. Renvoyant dos à dos le modèle d’une puissance dominant l’ensemble du continent européen et celui du congrès de Vienne (« système de Méternic ») reposant sur l’équilibre entre les grandes puissances, deux modèles dans lesquels le concept de citoyenneté ne trouve pas sa place, M. Jeanneney conclue ainsi que le seul modèle viable dans lequel la citoyenneté trouve sa place est celui de la construction communautaire qui défend et promeut la démocratie tout en respectant les composantes étatiques de l’ensemble régional européen.
Revenant ensuite sur le projet de bibliothèque numérique européenne, Europeana, « parade » européenne lancée par J-N Jeanneney pour contre-balancer la domination annoncée de Google en matière de numérisation d’ouvrages, M. Jeanneney a expliqué que la raison d’être de ce projet était de garantir une alternative européenne au projet américain. Cette initiative européenne, a présent devenu réalité, vise ainsi à offrir un modèle de classification des ouvrages non pas basé sur des critères purement marchands mais sur des critères de pertinence « culturelle » et « civilisationnelle ». Europeana est ainsi devenue en quelques mois le fer de lance de ceux qui, aux quatre coins de la planète, se battent pour la défense de la diversité culturelle.
Sur la question de savoir si la citoyenneté européenne pouvait et devait se construire avec des moyens différents de ceux qui avaient été employés lors de la construction de certains Etats européens, et notamment la France, J-N Jeanneney a expliqué qu’il était possible d’ « en garder le meilleur sans les inconvénients ». Cela passe ainsi selon lui par l’affirmation d’un pouvoir étatique au niveau supranational pour éviter que les citoyens ne soient que des « consommateurs flottant à la surface des désirs multiples que le système capitaliste essaye de susciter en eux » mais tout en gardant à l’esprit que les Etats membres doivent demeurer présents : « il ne s’agit pas de construire la citoyenneté européenne contre les Etats, si vous le faites alors ce sera un échec ».
« Il faut que l’Etat s’incarne », c’est par ces mots que J-N Jeanneney a finalement répondu à la question du manque de « leadership » en Europe. Avec le Traité de Lisbonne, l’Europe pourra avancer dans cette direction en espérant que « l’institution fonde la réalité et que l’organe crée le comportement ». M. Jeanneney a enfin appelé de ses voeux la politisation de l’UE : « on ne va pas éternellement faire la Suisse en Europe ! ».
M. Jeanneney sera présent aux seconds Etats généraux de l’Europe à Lyon le 21 juin notamment dans le cadre du café littéraire.


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