Dans deux interviews séparées, deux anciens piliers de la construction européenne, Jacques Delors (dans le Figaro) et Helmut Schmidt (dans le Monde 2), s’en sont pris aux dirigeants actuels européens et à leur piètre gestion de la crise. Pour l’ancien chancelier social-démocrate allemand, l’Allemagne a été inefficace et dangereuse : « A la place d’Angela Merkel, dès le début de la crise, j’aurais immédiatement appelé Nicolas Sarkozy afin d’établir une stratégie commune avec la France. Et je n’aurais certainement pas fait de grands discours sans avoir consulté mes partenaires : la chancelière a donné l’impression que l’Allemagne devait régler seule la crise. Elle a inutilement dramatisé la situation… »
L’ancien président de la Commission européenne est sur la même ligne. Pour Jacques Delors, le retard des interventions des dirigeants européens, « en partie imputable aux autorités allemandes, a aggravé la crise, alourdi le montant de la facture et nourri l’euroscepticisme ». En soulignant le manque de vision de long terme, l’ancien ministre français des finances a également déclaré que « l’Europe attend les architectes ». Cruel mais juste constat…


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