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Les réseaux sociaux au secours de l’UE

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Au-delà de la bulle : les réseaux sociaux et l’opinion publique européenne

Cinq députés européens avaient fait le déplacement. Plusieurs lobbyistes, blogueurs, journalistes ou simples citoyens étaient également étaient venus, le 12 janvier à« Butterfly Europe » à Bruxelles pour échanger sur le thème de l’utilisation des médias (et réseaux) sociaux européens et de l’émergence d’une opinion publique européenne à l’invitation d’Euros et de notre partenaire, « Lo Spazio della politica » .


Qui twitte ? Qui est sur les réseaux sociaux ?

Sur le site du Parlement, 1, 5 million de pages sont consultées tous les mois, soit 60.000 par jour. En moyenne, 4.000 articles de base sont lus (dans toutes les langues).

Pas facile de catégoriser les députés européens utilisateurs de réseaux ou de médias sociaux… Si les jeunes eurodéputés (les français Damien Abad ou Karima Delli, l’allemands Alexander Alvaro ou l’italienne Deborah Serrachiani) semblent adeptes des blogs et des twitts, les eurodéputés plus âgés n’en sont pas pour autant exclus. 60 % des eurodéputés utilisent les réseaux sociaux.

Les allemands et les néerlandais semblent être les plus actifs. En termes d’orientation politique, Alexander Alvaro souligne que de nombreux collègues à lui « considérés comme progressistes se révèlent très conservateurs dès lors qu’il s’agit de s’ouvrir aux médias sociaux ».

Communiquer et convaincre : les réseaux sociaux, outils du politique

Si le séminaire avait pour objectif d’échanger des opinions et des expériences plutôt que d’asséner des chiffres ou des données, le contenu a été, sans aucun doute, riche et formateur. Alors que les citoyens désertent massivement les urnes lors des élections européennes, les médias et les réseaux sociaux peuvent-ils renouer le lien entre une Bruxelles (fantasmée ou réelle) et les enjeux locaux ? La présence de nombreux acteurs des institutions européennes (Commission, Parlement) ou privés (opérateurs télécoms, cabinets de lobbyistes) montre que le tournant du Web 2.0 est d’ores et déjà pris par des acteurs européens de premier plan. Mais l’avis est unanime : d’immenses efforts de pédagogie et d’explication sont encore à déployer. La cible est double : d’une part convaincre le monde européen, trop souvent coincé dans sa bulle, de s’ouvrir et d’autre part faire comprendre (ou aimer) l’Europe aux utilisateurs de réseaux et médias sociaux. Pour Antonia Mochan, qui anime le blog de la représentation permanente de la Commission à Londres, « les institutions européennes doivent être sur les réseaux sociaux ! La question n’est plus « Doit-on y être ? » mais « Comment y être ? » ». Au

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Page d’accueil FB de B. Obama

Une immense campagne européenne, à l’image de celle d’Obama, relayée sur l’ensemble des réseaux et médias sociaux européens, est-elle concevable dans un avenir proche ?

Royaume-Uni, les discours eurosceptiques tournent rapidement sur les sites, les blogs et les réseaux sociaux. Y être pour répondre point par point est une nécessité. Pour Marie-Christine Vergiat, eurodéputée française de la Gauche Unitaire Européenne, la présence sur les réseaux sociaux permet de communiquer et de toucher une population militante ayant beaucoup d’aprioris sur l’Europe. Une nécessité de convaincre et de communiquer d’autant plus impérieuse dans une grande circonscription comme celle de Mme Vergiat (des Alpes à la Corse, en passant par la Côte d’Azur).

Pour autant, le lien avec les citoyens, même sur les réseaux sociaux, n’est pas toujours aisé : le libéral allemand Alexander Alvaro avoue n’avoir jamais changé d’opinion suite à une discussion sur Twitter ou Facebook. Sa collègue néerlandaise Marietje Schaake avertit sur la présence sur les réseaux sociaux : il faut être dans le ressenti et dans l’information, ne pas avoir peur du futile. Pour elle, le contact avec les citoyens grâce aux réseaux sociaux est unique : il allie rapidité et effet de masse. Il permet même d’anticiper la reprise médiatique de certains évènements, comme l’a montré la révolution tunisienne. Mais il doit être compris comme un instrument : il ne peut remplacer le vote ou l’opinion politique. Il serait, pour elle, dangereux de voir dans les médias sociaux un instrument de démocratie directe.

Si les élections européennes de 2009 ont été légèrement suivies sur les réseaux et les médias sociaux, il n’en sera pas de même pour les élections de 2014. En effet, pour les deux eurodéputés libéraux, les médias et les réseaux sociaux seront au cœur de la campagne de 2014. De là à faire une campagne à la Barack Obama ou à la Nicolas Sarkozy, le chemin est toutefois encore long, analyse un spécialiste des réseaux sociaux et des stratégies politiques des hommes politiques européens.

Parler à la bulle bruxelloise… et en sortir

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J. Buzek et la magie twitter

Les réseau sociaux au secours de l’UE ? Une question qui bute sur la nécessité du multilinguisme et sur la compréhension, encore difficile, des mécanismes de décision européens....

Si les députés européens ont fait part de leurs échanges avec les citoyens « de base » (même si nombre d’entre eux font partie de leurs soutiens), la question se pose d’autant plus pour les institutions européennes, au-delà de leurs membres : comment toucher et intéresser les citoyens et les électeurs ? Pour Stephen Clark, en charge de la communication pour le Parlement européen, l’enjeu est à la fois de parler à la bulle bruxelloise (bloggers, militants européens, lobbyistes, qui connaissent parfaitement les mécanismes et les acteurs européens) et d’en sortir. Un double objectif qui appelle un double message.

Car les utilisateurs de Facebook et les suiveurs sur Twitter ne sont pas tous représentatifs d’une opinion publique naissante. Ce rappel à la réalité fut bienvenu lors de cette conférence, dont l’assistance était composée pour beaucoup d’habitués des institutions européennes, de bloggers et de lobbyistes. Le Parlement européen a 110.000 fans sur Facebook et 14.000 personnes qui le suivent sur Twitter. Ensemble, tous les députés européens en totalisent 900.000. Que faire de ce capital social ? Pour Gianni Pitella, vice-président socialiste (italien) du Parlement européen, l’accès aux réseaux permet de stimuler le débat tant au niveau national qu’européen : « sur Facebook, on atteint un million de personnes ». Son initiative EuropaBarCamp va dans ce sens : faire monter aux députés européens des idées locales dans différentes thématiques (Innovation, environnement, économie), au-delà des clivages politiques.


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Antoine Bargas

Rédacteur en chef adjoint de la version francophone

Antoine est diplomé de Sciences Po Paris (Master Affaires Européennes) et de l’ Université Bocconi de Milan. Dans le cadre du programme Erasmus, Antoine a passé un an à étudier à l’ université d’ Uppsala, en Suède. Après plusieurs stages en France (Air (...)
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Le Groupe des Belles Feuilles (GBF), rassemblement de jeunes professionnels intéressés par les questions européennes, lance « Vigie 2012 », une initiative innovante pour scruter la place de l’Europe dans la campagne présidentielle.

Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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