Répondant aux questions des Euros du Village au sujet de l’Union pour la Méditerranée, Pierre Moscovici a tout d’abord salué la « bonne intuition » de Nicolas Sarkozy consistant à relancer le partenariat euro-méditerranéen… avant d’en critiquer systématiquement la méthode. Ainsi, le projet initial d’une Union Méditerranéenne non-ouverte à tous les membres de l’UE lui apparaît elle comme une « faute politique absolument majeure » car consistant à « recréer une frontière franco-allemande pour la première fois depuis 1957 ». Le retour de l’Union pour la Méditerranée dans le cadre du partenariat euromed représente donc pour M. Moscovici la seule option « réaliste », mais aussi un « échec » pour le chef de l’Etat, auquel il se permet même de donner un conseil : « arrêtez de parler à Henri Guaino », son conseiller spécial à l’origine du projet. Le député socialiste énonce trois conditions nécessaires selon lui au succès de l’Union pour la Méditerranée : une grande implication des sociétés civiles, une place importante laissée aux financements privés et enfin un fonctionnement reposant sur la « codécision » entre Nord et Sud. Finalement, il met en garde contre les « agendas cachés » qui voudraient faire de l’Union pour la Méditerranée un « substitut » à l’entrée de la Turquie dans l’UE, car elle ne deviendrait alors qu’un « repoussoir ».
Le parcours de Pierre Moscovici
Né à Paris en 1957, membre du Parti socialiste français, Pierre Moscovici est titulaire d’un DEA en économie et en philosophie, diplômé de Sciences-Po Paris et enfin de l’ENA. Son cv bien rempli allie les postes nationaux et européens, parlementaires et exécutifs, officiels et associatifs. Actuellement député du Doubs (depuis 2007) et président de la communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard (depuis 2008), il fut auparavant député européen (1994-1997 puis 2004–2007), ministre délégué aux affaires européennes dans le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), mais aussi président du think tank « A gauche en Europe »et du Mouvement Européen-France. Il fut également membre, en tant que représentant des autorités françaises, de la Convention sur l’avenir de l’Europe ayant élaboré le Traité constitutionnel. Secrétaire national du PS aux affaires internationales, il devrait briguer dans quelques mois la succession de François Hollande au poste de Premier Secrétaire du PS.
Se penchant ensuite sur la future présidence française de l’Union européenne, M. Moscovici énumère, à la lumière de son expérience de ministre des affaires européennes durant la présidence française précédente, trois conditions pour une présidence réussie : la « modestie », le « respect pour les partenaires » et « l’exemplarité, notamment en matière de finances publiques ». Trois conditions que Nicolas Sarkozy, de par son attitude « nationaliste, arrogante et irritante », serait loin de remplir. En termes de priorités politiques pour la présidence française, l’ancien député européen prône le lancement d’une réflexion sur l’avenir de la stratégie de Lisbonne, dont le premier cycle arrivera à son terme en 2010.
Abordant enfin la politique nationale, l’actuel secrétaire national aux questions internationales implore son parti d’abandonner ses « querelles byzantines » sur les questions institutionnelles, qui n’ont selon lui rien apporté d’autre que « deux ans de débats stériles, avec des arguments parfois stupides ». Au lieu de cela, il serait grand temps de « refaire de la politique », en se consacrant à des thèmes concrets comme la réduction des inégalités ou la préparation d’une plateforme commune avec les autres partis socialistes de l’UE pour les élections européennes de 2009. L’enjeu, selon le candidat au poste de Premier Secrétaire, ne serait autre que de faire « enfin du PS un parti européen ». A bon entendeur, …


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