Né le 3 septembre 1947 à Rome, Mario Draghi a un CV qui parle pour lui : une licence en économie et commerce de l’Université « La Sapienza » de Rome (1970), un doctorat d’économie du Massachussets Institute of Technlogy (1976) obtenu aux côtés du Prix Nobel d’Economie (1985) Franco Modigliani, une expérience du secteur public (Trésor Italien) et des institutions financières internationales (Banque Mondiale, Conseil de Stabilité Financière) comme du secteur privé (Goldman Sachs). Le CV de Mario Draghi paraît parfait… A un détail près.
Retour sur les étapes clés du parcours du nouveau président de la BCE.
Un CV (presque) parfait
Après quelques années d’enseignement universitaire à Florence et à Turin et des fonctions de conseillers économiques de gouvernements dans les années 1980, il est, entre 1991 et 2001, directeur général du Ministère du Trésor, chargé des privatisations. A ce titre, Mario Draghi préside le comité pour les privatisations et est membre des conseils d’administrations de plusieurs sociétés en cours de privatisation telles que l’énergéticien Eni, l’IRI (Institut de reconstruction industrielle), la banque BNL (Banca Nazionale del Lavoro), le groupe bancaire Banca Intesa-Sanpaolo IMI. Il contribue à assainir les finances d’une Italie à la déroute et à garantir la place de son pays parmi les premiers à adopter l’euro, tout en participant, entre autres, à la rédaction du Traité de Maastricht. Son activité lui a valu alors le surnom de « SuperMario ».
Entre 2002 à 2005, il occupe le poste de vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs. Alors qu’il est en charge des Etats souverains et des grandes entreprises italiennes, c’est Goldman Sachs qui, de 2000 à 2002, aurait conseillé à la Grèce d’utiliser des produits dérivés pour masquer l’ampleur de son déficit public. Cette question a fait l’objet d’une grande polémique dans les mois qui ont précédé sa nomination au poste de président de la BCE. Interrogé une nouvelle fois par les députés européens de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Mario Draghi a nié toute implication dans l’affaire. Le positionnement de la BCE dans un contexte de crise sans précédent de la dette souveraine des Etats européens sera l’un des enjeux majeurs de son début de mandat à la présidence à la BCE.
Depuis 2006, nommé par le président du conseil Silvio Berlusconi, Mario Draghi est le gouverneur de la Banque d’Italie, avec un mandat renouvelable de 6 ans. Il succède alors à Antonio Fazio. A ce titre, il est membre du conseil des gouverneurs de la BCE.
Un autre atout à son actif, il préside depuis cinq ans le Forum de stabilité financière (FSF), devenu Conseil de stabilité financière (CSF), qui réunit les autorités nationales et internationales de supervision et de contrôle des différents domaines de la finance (banque, Bourses).
Mario Draghi s’est forgé au cours des années une réputation d’homme prudent, discret et en mesure de résoudre les crises. Sa connaissance et sa stature internationale ont clairement joué en sa faveur. Reste que l’expérience Golman Sachs a soulevé des doutes qu’il devra s’efforcer de lever.
Les défis de Mario Draghi
Dès le début de son mandat Super Mario devra faire face à plusieurs défis d’importance :
Indépendance et gestion des conflits d’intérêt : L’italien devra s’efforcer de ne pas adopter une attitude favorable aux pays moins disciplinés.
Le positionnement de la BCE face à la crise de la dette : la BCE doit-elle être impliquée de manière plus importante dans la réponse à donner à la crise de la dette souveraine ? Plébiscitée par Washington, cette solution ne fait pas l’unanimité parmi les dirigeants européens, dont certains ne souhaitent pas voir la BCE s’impliquer durablement dans l’aide à la Grèce et aux autres pays en difficulté. Les conclusions du Sommet du 26 octobre ne mentionnent pas la poursuite des actions dites « non-conventionnelles » de la BCE (achat d’obligations des Etats en difficulté sur le marché secondaire), reflétant la volonté de l’Allemagne de ne pas voir la BCE continuer sur cette voie qu’elle juge dangereuse pour l’indépendance de l’Institution.
Sans doute le défi le plus grand sera de restaurer la confiance des investisseurs dans une Europe en proie à la crise la plus grave depuis le lancement de l’Euro.


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Kann „Super Mario“ Europa retten ? 

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