La phrase
« This is the most humble day of my life »

Rupert Murdoch avait décidé de faire amende honorable lors de son audition devant un comité du parlement britannique, durant laquelle lui et son fils James devaient s’expliquer sur le scandale des écoutes téléphoniques du journal News of the World (NoW), propriété de leur empire médiatique News Corporation. Mais comment traduire cet aveu d’humilité en français ? Le magna des médias d’origine australienne parlait-il d’une journée « humble » ou « humiliante » pour lui ? La presse francophone a eu du mal à se décider, et c’est pourquoi nous avons décidé de relater cette déclaration en version originale.

Quoi qu’il en soit, les Murdoch père et fils, tout en formulant des excuses, n’ont pas modifié d’un iota leur ligne de défense : non, ils n’étaient absolument pas au courant des pratiques qui avaient court au sein de NoW, lesquelles n’étaient le fait que de responsables et journalistes qui auraient « trahi leur confiance ». Des explications peut-être véridiques, mais qui n’en paraissent pas moins insuffisantes, tant les pratiques incriminées (écoutes téléphoniques illégales, corruption de policiers pour obtention d’information, piratage de messageries vocales) semblent avoir eu valeur de système au sein de News of the World. L’affaire a certes pris une nouvelle ampleur avec les révélations du journal The Guardian début juillet, selon lesquelles des journalistes de NoW auraient piraté la boîte vocale d’une jeune fille portée disparue (puis retrouvée morte) en 2002, ce qui a démultiplié l’ire de l’opinion publique et des responsables politiques britanniques. Mais les premiers éléments du scandale avaient éclaté dès 2005, et l’on estime que plus de 4000 britanniques auraient été placés illégalement sur écoute.

Le scandale News of the World n’est donc pas limité aux agissements d’un magazine aujourd’hui défunt (après 168 ans d’existence), mais pose la question bien plus fondamentale de la déontologie des médias britanniques (en particulier des tabloïds) et de leurs relations avec les dirigeants politiques du pays. En témoignent les conséquences déjà très concrètes survenues la semaine dernière, avec la démission de plusieurs officiers de police très haut placés, accusés de ne pas avoir mené d’enquête assez poussée, ainsi qu’avec avec le retrait de l’offre déposé par News Corporation pour racheter BSkyB, le principal groupe de télévision payante du Royaume-Uni (dont News Corp. Possède déjà près de 40%). David Cameron lui-même a été éclaboussé par le scandale, au motif que son ancien directeur de communication, Andy Coulson, n’était autre que l’ancien rédacteur en chef de NoW, dont il avait démissionné en 2007 en raison… du scandale des écoutes.

Si le premier ministre s’est sorti sans trop d’encombres d’une séance de questions au parlement sur ses liens avec M. Coulson et le groupe Murdoch, un débat sur les pratiques et le pluralisme des médias britanniques semble s’être mis en branle de manière irréversible. Il s’agira notamment de garantir une situation concurrentielle plus adéquate, comme l’a déjà annoncé le vice-premier ministre Nick Clegg, tout en garantissant bien entendu l’indépendance qui a fait la renommée mondiale de nombre de médias du pays.


Espace réactions ()

Nicolas Chevallier
6 août 2011
17:48
« This is the most humble day of my life »

Effectivement vu les charges et les preuves accablantes concernant les journalistes, difficile de croire que M. Murdoch n’était pas au courant de ces agissements !

Nicolas Chevallier

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